Au clair de Lune (érotisme)





Cliquez ici pour voir
tous les livres-annonces de :
>>><<<
Thierry Brayer, né en 1962, est formateur en langue française, coach littéraire et en écriture, animateur d’ateliers d’écriture, conférencier et intervenant scolaire, en France comme à l’étranger. Il a écrit Sous le métro la plage (polar dans les carrières et catacombes de Paris), Jean Ier les cinq jours (biographie historique), Au clair de Lune (roman érotique), Sépia (chansons et poèmes) et Abricotin le Lapin (histoires pour jeunes lecteurs). Pour très bientôt, Le rabot de Louis (saga familliale)
Présentation de l'ouvrage :

AU CLAIR DE LUNE - roman érotique de Thierry BrayerLune vit au clair de ses envies, de ses rêves et de ses réalités comme dans un film, parfois actrice, souvent réalisatrice ; elle vit au clair d’elle-même. N’imaginez pas, ne pensez pas, ne croyez pas qu’elle est une femme facile ou autre, il n’en est rien : elle est juste une femme libre, et même plus simplement, plus évidemment, une femme, sans adjectif superflu.

Romantique ? Lune préfère l’instinct, le sentiment à la raison. Profondément idéaliste, passionnée, désespérée, elle est une enfant du siècle, mais de quel siècle ?

Alors, si vous la croisez un jour, et qu’elle tourne autour de vous, n’oubliez pas que Lune est un morceau de nous qui s’éloigne tous les jours un peu plus de la Terre.

Basé sur des histoires vraies, parce que l’érotisme, cela ne s’invente pas.

AU CLAIR DE LUNE - roman érotique de Thierry Brayer

 

En savoir plus ?

thierrybrayer.fr/au-clair-de-lune-roman-erotique/

Un extrait : le premier chapitre…


Le crime de l’Orient-Express

Le train est gris ; le bruit est gris ; le soleil est gris ; les gens aussi. À croire que le gris est la couleur officielle de la banlieue. Et comme chaque matin, avant chaque soir pour le retour, Nicolas se métro-boulot-dodo dans une ritournelle sans parole ni musique, sans image et sans son.

Alors, Nicolas rêve.

Il rêve aujourd’hui que ce train qui le navette de Paris à Aulnay-sous-Bois est l’Orient-Express, qu’Istanbul devient son nouveau terminus et que la poussière qui frappe les vitres n’est que la fumée de la locomotive centenaire qui se tuberculose inexorablement, et se cancérise au grand dam des médecins. C’est qu’il en a parcouru des kilomètres, mais il n’a jamais fait autre voyage que celui de tourner en rond.

Il rêve.

Il rêve que les nuages gris n’en cachent pas d’autres gris, mais des blancs barba-papa et des bleu guimauve. Sûr que Nicolas serait encore un enfant si on ne l’avait pas obligé à grandir. Les parents ne sont pas toujours très cool. Alors, il a accepté, mais son esprit vagabonde autant qu’il peut et aussi loin qu’il est possible d’aller sans retour.

Il rêve.

Il rêve que demain est déjà un autre jour, qu’hier n’a pas d’intérêt et qu’aujourd’hui, la vie est belle parce que ses yeux l’ont décidé. Regardant vers le fond du wagon, juré qu’il voit un avenir plus fertile que les plaines de bétons qui jaillissent de la fenêtre du train et qui ne fleurissent jamais.

Il rêve.

Il rêve que la femme qui vient de s’asseoir deux sièges plus loin, est russe, ou orientale, ou les deux, que son manteau de simili fourrure recouvre un corps chaud comme du lait frais, que sa toque protège ses cheveux de soie prêts à s’envoler au premier souffle d’amour, et ultime fantasme, qu’elle le regarde, lui, le moujik de banlieue à deux roubles cinquante dans ce transsibérien de fortune.

Il rêve.

Pourtant, à mieux y voir, elle le regarde vraiment, avec une insistance impertinente tout en parlant avec son amie d’on ne sait quel sujet. Alors, il baisse les yeux, par politesse, par respect, par honte. Elle ? Une jeune femme prénommée Lune qui passe par là, qui ne repassera peut-être plus, sauf pour d’autres, plus tard, ailleurs.

Il ne rêve plus.

Il se raisonne et relève vivement sa tête ; il remarque alors que ses yeux bleus se détachent aisément de la grisaille ordinaire. Un nouveau ciel vient de naître dans son wagon. Aussi la fixe-t-il le plus longtemps possible, sans faillir, tant que le courage l’accompagne. Malgré son bavardage, elle continue à le viser et elle ne baisse pas sa garde. Nicolas se sent gêné. Il reprend le combat et sa respiration et par un léger mouvement de ses yeux, il la dévisage puis la déshabille. Elle ne semble pas s’en plaindre d’autant qu’elle décroise les jambes, mais sans rien laisser paraître. Le mystère reste entier ; Nicolas est surpris. Il imagine ses seins blancs dans ses mains imprudentes et sa langue dans son cou pour évaporer les derniers cristaux de neige sibérienne. Une bonne minute vient de s’écouler en même temps qu’une larme de sueur sur son front. Ni l’un ni l’autre ne lâchent prise. Personne ne peut les déranger.

– Billets ! S’il vous plaît !

Le train file à bonne allure sur des aiguillages qui font sursauter le couple passager. Ils reprennent leur duel, leur bataille, leur combat, leurs ébats fictifs, sans perdants. Nicolas croit la sentir sur lui ; elle se mord les lèvres. Il va craquer ; elle va craquer ? Le temps n’a plus rien à faire contre eux et finit par les oublier.

Alors, ils se font l’amour, sans se toucher, devant des usagers des chemins de fer qui ne voient rien, ne se doutent de rien, et qui ne méritent pas d’entrer dans leur complicité. Que leurs yeux parlent si bien d’amour ! S’est-elle aperçue qu’innocemment, le jeune garçon bande de bonheur ? Il n’a plus honte de rien. Et elle ? Dans quel état pourrait-elle être ? Il a envie d’elle. Devrait-il se lever, aller vers elle, lui parler ? Et tout gâcher ?

Il reste en place même si son corps vibre de plus belle. Le train ralentit. Une gare. Nicolas ne veut plus bouger, car il ne peut plus bouger. Il est à la limite du point de non-retour, du terminus. Elle ouvre ses yeux encore plus grands, comprenant peut-être ce qui se passe et Nicolas, agréablement, doucement, immobile, éjacule sans bruit dans son pantalon de toile claire, sans crier gare, partageant son plaisir avec la jeune femme. Une légère tache apparaît, comme un clin d’œil pour sa complice qui ne semble pas choquée. Est-ce un crime ? D’ailleurs, l’a-t-elle réellement vue ?

Le train s’est arrêté ; l’inconnue du train de banlieue en descend rapidement et la brume l’emporte lâchement. Les rails se remettent à rouler et le train redémarre vers sa destinée, irrémédiablement.

Nicolas, lui, reprend son train quotidien, sans son guide, sans sa Nathalie improvisée, sans rien savoir de plus au clair de Lune.

Le ciel est un peu moins gris, les gens aussi, mais pour rejoindre un jour Vladivostok ou Venise avec son amante du matin, il sait qu’il lui faudra encore rêver beaucoup, et toujours plus fort. Toujours.


Où se procurer l’ouvrage ? thierry.brayer/boutique


Vous pouvez le commander aussi dans toutes les librairies physiques et virtuelles :
Communiquez l’ISBN à votre libraire : ISBN 978 2 3220172 9 4
196 pages – 13×19 –  – Éditeur BoD

597 vues


Lien de la page à recopier pour la partager :
https://livre-annonce.fr:443/au-clair-de-lune-erotisme/

Catégorie: Livres

Mots-clefs: , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs requis sont marqué avec *

*

1 commentaire